Saint-Antonin-Noble-Val,
Le monument se trouve dans une zone de forte concentration de dolmens qui appartiennent au petit groupe isolé du sud du Quercy. Il est un des rares monuments fouillés dans son intégralité et est le seul qui a bénéficié d’une restauration globale. Il est ainsi l’unique monument qui donne au public une vision de ce que furent toutes ces ruines qui peuvent se voir sur les Causses.
Le premier monument fut construit à la fin du Néolithique Final. C’est une petite plateforme de 5,50 m de long, large de 5,50 m, présentant une forme carrée dont un côté, le chevet, est arrondi. Le sol a été apprêté avant son implantation. Son parement extérieur était encore visible sur 1,20 m de hauteur vers l’entrée et 0.60 m vers le chevet dont 20 lits de pierre sont conservés. Il englobe un dolmen à la chambre exiguë de 2,20 m x 0,90 m, délimité par deux piliers encastrés dans des saignés faites dans le substrat. La table a été découverte fractionnée en cinq morceaux.
À l’avant une cuvette de 0,79 m x 0,57 m x 0,15 m a été creusée dans le sol. Elle devait accueillir le système de fermeture. Un dallage de pierre plate couvrait le sol. La surface de l’espace funéraire ne dépassait pas 1,80 m2. Cela impliquait de rentrer les cadavres en position fléchie si cette chambre a été conçue comme tombe.
Un second monument est construit quelque temps après. Beaucoup plus grand, le tertre englobe complètement le premier édifice au sol, sans que l’on sache si son sommet restait visible ou était englouti dans la masse de la nouvelle structure. Le nouveau dolmen qui s’établit devant l’entrée du plus ancien en suit l’alignement. Il y a un respect total de l’édifice primaire qu’il soit caché ou non. Le dolmen possède une chambre beaucoup plus vaste de 4,50 m x 2 m. Le substrat a été creusé sur une profondeur de 50 cm et une largeur de 60 cm pour accueillir les piliers et le chevet qui ont été ensuite calés avec des petites pierres. Il était encore recouvert par un fragment de sa table. La nouvelle plateforme, longue de 23 m, est large de 9 m vers l’entrée et seulement de 7,20 m au chevet. La façade rectiligne est parementée avec soin. Les pierres sont équarries. Les chambres ont été vidées de leur contenu à l’Âge du Bronze Ancien. Devant le monument, de nombreux vestiges osseux et du mobilier ont été découverts. Ils proviennent des vidanges des chambres et des activités qui purent avoir lieu devant l’édifice. Les dents récoltées indiquent un nombre d’individus minimum de 80, dont 66 adultes et 14 enfants. Des os portant des traces de calcination sont peu nombreux. Les restes des défunts des différentes phases se sont mélangés. Ils appartiennent au moins à l’Âge du Bronze. Cette mixité est habituelle pour le sud Quercy, ce qui fait dire au fouilleur qu’il n’y a pas de rupture des traditions funéraires entre les deux époques.
Une quantité importante de pierres recouvrait les vestiges. Le fouilleur n’y voit pas une structure de condamnation. Il avance pour cela que la masse de pierres correspond au volume du monument restitué. Il remarque aussi que la phase d’abandon a été suffisamment longue pour que les murs s’éboulent en partie et qu’une multitude d’escargots s’installe à leur base. Leurs coquilles trouvées à profusion prouvent l’impossibilité d’un recouvrement rapide après l’abandon du monument.