La Pierre Martine, Lot
Gréalou, Lot
Martiel, Aveyron
Un groupe dense et compact
Le groupe du Quercy est le plus occidental de l’ensemble des Causses. Il se trouve principalement sur le département du Lot. Il a une petite extension dans l’est de l’Aveyron, le Tarn-et-Garonne et le Tarn. Les derniers inventaires font état de plus de 600 monuments pour le seul Lot. 70 dolmens en Aveyron sont rattachables à ce groupe. Le Tarn-et-Garonne en compte environ 84 et le Tarn 41.
À l’ouest, les premiers dolmens qui se trouvent dans le Périgord sont d’obédience atlantique. Au sud une très vaste zone sans dolmens : les départements du Gers et du Tarn-et-Garonne en sont dépourvus. Au nord, les dolmens du Limousin, bien que différents, montrent des affinités avec ceux des Causses. Des liens purent exister entre eux. Au nord-est, le sud de l’Auvergne est vide de mégalithes. Le petit groupe du Cantal autour de Saint-Flour apparaît comme un îlot détaché du groupe du Quercy ou du Rouergue. À l’ouest, le groupe frère du Rouergue en est séparé par un no man’s land de plusieurs dizaines de kilomètres.
La répartition des dolmens au sein même du Quercy est surprenante. Ils s’étalent sur une étroite bande du Nord au Sud et des centaines de dolmens couvrent moins d’un quart du département du Lot. La loi du calcaire qui veut que les dolmens ne se trouvent que sur ce type de sol y sévit. Ils sont totalement absents du Ségala. Mais ils sont aussi absents d’autres régions calcaires sans que l’on puisse l’expliquer. Leur densité sur un territoire est très variable, passant de plusieurs dizaines à un exemplaire par commune. Les destructions massives qu’ils subirent ne justifient pas ces disparités.
Une dizaine de fouilles récentes ont donné quelques éléments de datation et les placent au Néolithique Final. Les constructions les plus anciennes se situeraient dans les alentours de – 3500 et correspondraient à la colonisation des plateaux. Cette période est très mal connue dans cette région. La céramique découverte lors de leur fouille est particulièrement atypique.
Les monuments suivent une architecture caractéristique des Causses : deux piliers, un chevet et une table. Ils sont de taille modeste et ont le gabarit que l’on retrouve habituellement dans l’ensemble des différentes entités caussenardes. Leur chambre est parfois précédée d’une antichambre, d’un vestibule, d’un embryon de couloir comme il plaira de les nommer, composés de deux dalles verticales.
Un type de tertre très caractéristique les entoure et pourrait s’avérer être un des monuments les plus typiques des Causses, fréquents dans leur partie occidentale. La structure en pierre sèche est de plan trapézoïdal. Le plus grand des petits côtés se présente comme une façade haute d’environ 1,50 m appareillée avec soin. En son centre se trouve l’entrée du dolmen sans couloir. Cette construction forme une plateforme inclinée, les murs les plus hauts encadrant l’entrée et la hauteur diminuant vers l’arrière de la chambre pour finir à son extrémité presque au ras du sol. Il est probable que cette surface inclinée ait été utilisée pour faire glisser et mettre en place la table.