Dolmens du Cantal

Publié le 13 janvier 2026 à 08:13

Les Ternes 

Le Bardon

Narse de Nouvialle

Un groupe dense et compact

Les tribus perdues

Dans le Cantal, autour de la ville de Saint-Flour, une vingtaine de monuments sont groupés dans quelques communes. Les destructions ne peuvent pas expliquer les zones vides qui les entourent. Cette petite concentration est totalement isolée des autres régions mégalithiques. À l’est les premiers dolmens du Limousin sont à une centaine de kilomètres. Au nord les dolmens du Puy-de-Dôme en sont à une cinquantaine. Au sud et au sud-est, ce sont les dolmens des Causses à des distances variant entre 50 et 100 kilomètres. Ils sont comme dans une île et sur la carte de répartition des dolmens de France ils apparaissent comme une minuscule tache.

Les dolmens du Cantal sont groupés dans un rayon de moins de 10 kilomètres. Une vingtaine ont survécu. Ils suivent tous le même plan, à l’exception d’un seul, celui d’Allanche, qui se trouve d’ailleurs à l’écart des autres, à plus de 20 km.

Comme les dolmens des Causses, ils sont dans un monde de plateaux, ceux-ci sont en basalte et non en calcaire. La configuration dans le paysage est la même, comme leur architecture. Tout semble indiquer des relations entre les deux groupes. Il est probable qu’ils sont issus de la grande famille caussenarde. Tous les dolmens sont bâtis sur le même modèle : deux piliers latéraux, une dalle de chevet et une table de couverture. Les deux seules fouilles ayant concerné leur pourtour montrent qu’ils sont enchâssés dans des structures périphériques qui ressemblent plus à des plateformes qu’à des masses tumulaires les recouvrant.

La seule datation C14 les place au milieu du 4e millénaire, contemporains des premiers dolmens du Causse.

Ils apparaissent comme les tombes d’une tribu venue des plateaux du sud ayant trouvé sur la planèze un environnement analogue. Ils auraient choisi ces lieux pour s’installer et y déposer leurs morts. Le contexte archéologique est très mal connu pour la région. Dans ce cas les données ne sont pas assez précises pour savoir s’il s’agit d’une tribu d’« étrangers ». Il est impossible dans l’état des connaissances actuelles de déterminer des différences culturelles, si ce n’est dans leurs pratiques funéraires.