Dolmen de Mons, Cantal

Publié le 13 janvier 2026 à 08:31

Le dolmen se trouve sur le rebord d’un plateau. Seule son entrée émergeant d’un tumulus était visible avant la fouille. La butte, haute de 1,85 m, avait un diamètre de 17 m. La table de 2,40 m x 1,75 m était apparente. Elle couvrait une chambre de 2,40 m x 1,75 m. Elle était soutenue par deux piliers de 2 m x 1,40 m et de 2,20 m x 1,55 m. Une dalle de chevet de 1 m x 90 cm la fermait au Nord-Ouest. Il suit les mêmes plans et respecte les tailles moyennes des autres dolmens de la région.

La chambre avait été vidée par d’anciennes fouilles. L’étude a porté sur le tumulus dont un quart a pu être exploré. Aucune datation n’a pu être réalisée. Le mobilier découvert suggère un Néolithique Final, bien que les éléments de comparaison manquent pour la région. Lors de sa construction, il fut entouré d’une aire circulaire de 6 m de diamètre limitée par un muret haut d’une quarantaine de centimètres. Dans le prolongement de la chambre, face au pilier nord les bas d’un mur de 1,50 m de long étaient conservés sur deux lits de pierre. Ils seraient les vestiges d’un couloir non couvert.

Le sommet de la plateforme qui entourait le dolmen est recouvert d’une fine couche argileuse qui avait pour but d’en lisser la surface. C’est sur cette aire qu’a été recueillie l’ensemble du mobilier Néolithique mis au jour lors de la fouille. Il se présentait comme des amas de tessons autour du dolmen, chacun étant le résultat du bris d’un vase. Ils ne sont pas les restes de rejets dus à la réutilisation de la chambre, mais des dépôts intentionnels. L’ensemble fut recouvert par une épaisse couche composée de gros blocs et de terre, de 40 cm, vide de tout mobilier. Il s’agit peut-être d’un niveau de condamnation, sans que cela soit démontré.

C’est plus d’un millénaire plus tard, pendant le début de l’Âge du Fer, que le site va servir de nouveau de nécropole. II sera rehaussé avec un nouveau tertre, probablement limité par un muret qui englobera totalement l’ancienne plateforme. La présence de très nombreux charbons de bois indique une ou plusieurs crémations. Sur le site, plusieurs autres tumulus de cette époque, situés à une centaine de mètres, ont livré un riche mobilier. Ce sont ces interventions pendant la protohistoire qui vont entièrement recouvrir le dolmen et ses structures annexes.

Il a pu être démontré que pendant toute la phase d’utilisation du dolmen, la table était restée apparente. Les piliers étaient visibles sur plus de la moitié de leur hauteur et la table était totalement aérienne.

La dalle de couverture est d’un tuf volcanique qui ne se trouve pas sur place. Elle a été transportée sur quelques kilomètres. Cette pierre est fragile. Vers le chevet, la table dépassait d’une cinquantaine de centimètres à l’extérieur de la chambre. Sous l’action des intempéries, le gel est fréquent à cette altitude de 860 m, la pierre s’est délitée en petits morceaux qui tombèrent sur la couche néolithique environ 50 cm plus bas, prouvant que la table était encore à l’air libre tout le temps de son utilisation. Ils se distinguent des sédiments qui composent le tumulus qui a recouvert la construction néolithique bien plus tard, à l’Âge du Fer.