Plouhinec,
Son nom en breton évoque le soc d’une charrue qui labourerait la mer. La presqu’île offre une vue si dégagée sur l’horizon qu’il fut choisi, à l’époque de Louis XV, pour y implanter une guérite abritant les douaniers chargés de surveiller la côte.
Des chasseurs-cueilleurs du Mésolithique y installèrent leur campement. Ils y firent du feu entre - 5290 et - 4740.
Entre - 4530 et - 4360, une fosse de 2,15 m de long et 1,20 m de large est creusée, dédiant le site aux morts pour les millénaires suivants. Des pierres plates sont disposées le long des parois. Deux vases, cinq armatures de flèche et une hache polie y furent recueillis. Il faut y ajouter un briquet de silex auquel était encore attaché un morceau de pyrite. Un tertre de 26 m de long et 8 m de large est composé d’une couche limoneuse surmontée d’une chape de plaquettes de schiste. Le mobilier céramique s’apparente à celui de la culture de Cerny, connue dans le Bassin parisien pour ses longs tertres du Néolithique moyen.
Entre - 4000 et - 3500, un premier dolmen voit le jour. Sa chambre, de plan quadrangulaire de 3,50 m de côté, est desservie par un couloir de 2 m de long. Ses parois se composent de dalles verticales et d’un mur en pierre sèche. Il est inclus dans un petit cairn.
Le deuxième dolmen, construit vers - 3800, n’est pas accolé au précédent. Il possède son propre cairn, à 6 m de distance. Les fosses de calage des orthostates permettent de restituer son plan. Deux cabinets latéraux sont mitoyens de la chambre.
Il s’est peut-être écoulé moins d’un siècle, entre quatre et six générations, avant qu’un nouveau dolmen soit élevé, vers - 3700 ou plus tard vers - 3500. Devant l’entrée, sur le parvis, furent découverts de nombreux tessons appartenant au moins à trois vases. Ceux-ci devaient contenir des offrandes déposées à l’extérieur du monument. À ce stade, il existe deux monuments proches l’un de l’autre. Le vide entre eux va être occupé par un nouveau dolmen entre - 3310 et - 2910. Un apport de pierres viendra réunir les deux cairns primaires. La volonté d’intégrer les anciens monuments en une seule structure au parement régulier est manifeste. Le cairn atteint alors sa dimension finale de 42 m de long et 11 m de large, abritant quatre dolmens. Sa taille ne devient imposante qu’un millénaire et demi après l’installation des premières structures funéraires.
Le cairn est abandonné et partiellement ruiné. Au Néolithique final, entre - 3300 et - 2900, un nouveau dolmen à entrée latérale vient s’incorporer en son sein. Il endommage les constructions précédentes en utilisant leurs pierres. Pour ce mégalithe, il n’y a pas d’apport de nouveaux matériaux. À partir de ce moment, il s’agit de réutilisation et non de continuité dans la construction. Une centaine de perles y furent découvertes, et des tessons confirment son installation à la fin du Néolithique.
Des tessons campaniformes signalent une réoccupation au Chalcolithique. À 200 mètres se trouve une allée couverte, mais les liens avec l’ancienne nécropole ne sont pas établis.
Le cairn servit de carrière dès le Moyen Âge.