Fouille : Fouille de J L’Helgouach et J Lecornec, 1968/1972
Les deux cairns se situent à une trentaine de kilomètres de la mer, sur les Landes de Lanvaux, région qui connaît une concentration importante de mégalithes.
Cairn I
Les cairns à deux dolmens sont relativement fréquents. Il ne semble pas qu’ils soient le fruit de l’ajout d’un dolmen à un autre, bien que ce cas existe, mais plutôt qu’ils aient été conçus avec cette gémellité dès l’origine.
L’une des chambres est couverte d’une grande dalle, l’autre l’était par une voûte en encorbellement. Cette mixité au sein du même monument est connue, comme à Barnenez ou aux Mousseaux. Elle pourrait traduire des différences de fonction dans les rituels ou dans le recrutement des morts. Le cairn qui les englobe est de forme rectangulaire, avec des coins fortement arrondis. Long de 13 m et large de 8,50 m, il est bâti pour entourer les tombes, sans démesure. Sa construction, avec trois parements, est soignée, mais réalisée de façon économique pour incorporer les deux tombes.
La première tombe possède un couloir court de 2,80 m et débouche sur une chambre de 3,30 m × 3,10 m. Ses parois, comme celles de la chambre, sont bordées de dalles verticales non jointives, séparées par des murets en pierre sèche. Ces pierres sont décoratives et ne supportent pas les dalles de couverture. Sur l’une d’elles est gravé un signe souvent appelé jugiforme, en forme de joug ou de U.
Le deuxième dolmen est de plan analogue, mais de conception différente, avec sa couverture en pierre sèche. Le couloir de 3,10 m menait à une chambre de 3,20 m × 2,90 m. Deux dalles portaient aussi des signes en U.
Un parvis aménagé devant les entrées a livré de nombreux tessons, alors que les autres côtés du cairn se sont avérés vides de tout mobilier. Les poteries ont dû être pulvérisées par l’éboulement des blocs de la façade. Certaines formes peuvent être restituées, comme celle d’un vase à piédestal de belle qualité. Tout laisse à penser que ces vases étaient déposés sur les parements, à proximité des entrées des tombes.
Cairn II
La présence de deux cairns côte à côte n’est pas exceptionnelle. Il est impossible de déterminer s’ils furent utilisés en même temps ou à des époques différentes. Le fouilleur pense que le cairn aux deux dolmens fut en activité avant celui aux chambres multiples. L’homogénéité du mobilier plaide pour un fonctionnement du site sur une courte durée.
Le cairn, de forme ovale, mesure 16 m × 15 m. Lui aussi est conçu pour entourer la tombe de la façon la plus économique. Un seul couloir axial de 10 m de long dessert six chambres indépendantes. Chacune est couverte d’une dalle de granite. À l’intérieur, la hauteur ne dépassait pas 1,10 m. Les murs sont en pierre sèche. Les chambres sont fermées par des dallettes verticales et des murets, rendant leurs entrées invisibles. Cela a trompé les profanateurs de la fin du Néolithique, qui ne sont pas parvenus à pénétrer dans les chambres.
Sur les cinq datations au carbone 14 réalisées, l’une remonte à - 3540, date qui serait celle de la construction et qui correspondrait au mobilier mis au jour. Une autre, comprise entre - 2900 et - 2100, marquerait le passage des gens de la fin du Néolithique, qui allumèrent des feux au pied des parements.