Fouille Jean-Pierre Lagasquie 2000
Gréalou et Montbrun
Avant la fouille le tumulus se présentait comme une grosse butte de 29 m de diamètre. Elle contenait un dolmen avec une table de 4,90 m x 2,70 x 0,95 pesant dans les trente tonnes, ce qui en faisait un monument de grande taille du Quercy. Les piliers et la dalle de chevet ont été retaillés. Un percuteur de granit de 5,5 kilogrammes a été trouvé devant l’entrée et deux de ses éclats à la base d’un pilier. Les supports, longs de 1,92 m et de 1,84 m sont implantés dans des rigoles surcreusées dans les lapiaz. Une datation C14 sur un os découvert à la base externe du chevet donne - 3353/- 3033. Le dolmen est entouré d’une plateforme rectangulaire. Conservée sur 1,80 m de hauteur vers l’entrée, elle n’atteint que 30 cm vers le chevet. Sa longueur est repérée sur 18 m. Le dolmen est décentré et situé sur le petit côté le plus haut qui fait office de façade et donne accès directement à la chambre sans couloir.
Dans un deuxième temps, une couronne de 11 m de diamètre, constituée de grandes dalles dressées verticalement et d’une hauteur moyenne de 1,10 m entoure le dolmen. Une pierre de seuil marque l’entrée. Un couloir permet d’atteindre la chambre. Cela montre une continuité, mais aussi un changement important de conception du monument qui de rectangulaire devient circulaire. Une datation d’un échantillon prélevé à la base d’une des dalles donne - 2878/ - 2581.
La qualité et la fragilité du parement du premier monument n’auraient pas pu résister longtemps à la poussée exercée par le remplissage du tertre. Son état de conservation prouve que son recouvrement par la nouvelle structure l’a protégé assez rapidement, avant un siècle. La nouvelle couronne respecte l’arrière du tertre primaire en le recouvrant sans le détruire.
Un autre cercle de pierres de 24 m de diamètre va entourer l’ensemble. Son mur extérieur est constitué d’un beau parement conservé jusqu’à huit lits sur 40 cm de haut. Certains blocs à sa base atteignaient un mètre de long pour une épaisseur de 20 cm. Ce grand tumulus qui recouvre tout pourrait être une première condamnation. L’absence de couloir plaiderait pour cette hypothèse. Le fouilleur y verrait plutôt un ultime réaménagement du site pour créer une sorte de déambulatoire. Une réelle couche de condamnation, constituée de terre argileuse et de petits galets de quartz viendrait ensuite mettre fin au monument en le recouvrant intégralement.
Il ne devient qu’une butte dans le paysage, suffisamment visible pour attirer des gens de l’Âge du Bronze qui dans le but de le réutiliser, creuseront une fosse devant l’entrée. C’est dans cette fosse et aux alentours qu’a été découvert, dans des couches remaniées, le principal du mobilier archéologique. Le lieu sera aussi fréquenté au premier Âge du Fer.