Bernard Gély et Wolfang Pape, 2003-2006
Bourg-Saint-Andéols
Située dans une région densément occupée au Néolithique Final où 1300 sites ont été recensés, la nécropole des Géandes compte six dolmens. Cinq sont espacés d’environ 150 m l’un de l’autre et l’un semble légèrement isolé par rapport au groupe principal d’Ardèche.
Le dolmen 1 est situé à l’écart des cinq autres. La chambre mesure 2,25 m x 1,65 m. Elle est précédée d’une antichambre de 2,60 m x 2 m, plus grande que la chambre dont les parois latérales sont en pierre sèche. Il est possible que ces murs aient été montés en encorbellement et que la chambre fût couverte par une fausse voûte. L’entrée est marquée par deux piédroits. Le chevet, régularisé pour obtenir une forme trapézoïdale, pèse une tonne.
Des fragments de dalle épars doivent être les restes de la couverture. Le tumulus mesure 14 m x 11 m. Les pierres le constituant ont été empilées avec soin et jointoyées avec une terre argileuse. Aucune structure l’entourant ou de péristalithe n’a été détecté. En règle générale pour toute la nécropole, l’état de conservation des tumulus n’a pas permis de déterminer les aménagements extérieurs. Les restes d’un couloir se devinent.
Le dolmen 2 a une chambre de 2 m x 1,60 m précédée d’un vestibule long de 80 cm. Le chevet est régularisé. La table de 2,45 m x 1,80 m est épais de 30 cm et pèse dans les 3 tonnes. Le tumulus apparent mesure 11 m x 8 m.
La chambre du dolmen 3 est petite avec 1,80 m de long et 1,40 m de large, en possédant la dalle de couverture la plus lourde de la nécropole pesant près de 4 tonnes. Elle mesure 2,90 m de long, 1,80 m de large et est épaisse de 30 cm. Comme pour tous les autres monuments, les dalles sont prélevées à proximité. À une vingtaine de mètres, une dépression dans le substrat de 4,30 m de long pourrait correspondre au lieu d’extraction. Trois galets en quartzite découverts dans les parages seraient des percuteurs.
Le dolmen 4 possède des murs latéraux en pierre sèche qui le rattachent à l’architecture des monuments bas-rhodaniens. La chambre, de 2,80 m x 2 m, est couverte par une dalle de 2,80 m x 2,70 m pesant 2 tonnes. C’est le seul monument où le système de fermeture de la chambre est connu. Elle était obstruée avec une fine dalle ogivale de 40 kg.
Ce dolmen se remarque par la tour en pierre sèche qui le surmonte. Elle fut construite au 19e siècle et mesure aujourd’hui 3 m de hauteur et 2,50 m de largeur à sa base. L’ensemble représente près de 17 m3 de pierrailles prélevées dans le tumulus. Cela correspond à la première chape du tertre. Si son usage n’est pas absolument certain, elle permet d’observer tout le territoire avoisinant et devait être utile aux bergers pour surveiller leurs bêtes. Les restes du tumulus ont 18 m de diamètre. Il est un des plus grands de la région et devait représenter 200 m3, soit approximativement 400 tonnes.
Le dolmen 5 est le monument le plus spectaculaire, cela étant dû en majeure partie à son état de conservation. La chambre de plan trapézoïdal a 3,20 m de long, 0,80 m de large à son entrée et 2 m au chevet. La table mesurait à l’origine 3,20 m x 1,70 m et 30 cm d’épaisseur pour 3,5 tonnes. Le dolmen 6, qui serait de type caussenard mesure 2,30 m x 1,20 m à l’entrée et 1,80 m au chevet.
Il n’y a pas de preuves d’agrandissement et de modification des monuments. Chaque dolmen de la nécropole suit un plan différent. Selon la classification architecturale admise, on peut y voir des dolmens caussenards et constater dans d’autres les influences des types languedociens, et bas-rhodaniens. Les fouilleurs pensent que les dolmens ont fonctionné à la même époque entre - 2900 et -2200, sans discontinuité semble-t-il. L’ordre de la construction des monuments n’est pas connu. La nécropole est fréquentée au Bronze Ancien entre -2100 et -1800. Elle est abandonnée pendant presque cinq siècles et à nouveau visitée au Bronze Récent entre -1350 et - 1200.