Devèze-Sud

Publié le 17 janvier 2026 à 10:55

Fouille Jean-Pierre Lagasquie 1963/1964 & 1992/1994

Marcilhac-sur-Célé

Il est situé au rebord d’un plateau, dans des lieux aujourd’hui désertés. Des murs, des caselles, des ruines d’anciennes maisons prouvent que l’endroit était habité au siècle dernier et qu’une population subsistait en ces lieux, bien que les textes relatent l’extrême misère qui y sévissait. Les néolithiques occupaient-ils ces rebords de plateaux très arides ou les laissaient-ils à leurs morts ? En contrebas, au pied de la falaise existent des terres beaucoup plus fertiles. 

L’emplacement choisi dominait deux vallées, un vaste territoire sans que les habitats aient pu être repérés.

Le dolmen a perdu sa table. Les deux piliers latéraux mesurent 2,25 m x 1,10 m et 1,95 m x 1,35 m. Ils sont plantés profondément dans des poches remplies d’argile. Le chevet n’a que 0,90 m de haut et 0,80 m de large. Une dalle se trouvant encore à l’entrée devait servir de fermeture. La chambre est large de moins d’un mètre et longue d’un peu plus de deux mètres. La surface pratique représente 1,6 m2 avec une hauteur inférieure au mètre. Le cairn de forme rectangulaire, presque carrée (l’arrière n’est pas conservé), mesurait 4,25 m de côté. Ce monument est minuscule et ne pouvait être utilisé que par une communauté restreinte. 

Les plus grosses dalles pesaient dans les deux tonnes, et la table ne devait pas dépasser les quatre tonnes. Toutes étaient maniables par une poignée d’hommes. Le remplissage du cairn ne demandait qu’une dizaine de m3. Une seule famille et quelques voisins proches, moins de dix personnes, auraient pu bâtir ce monument en une semaine.

La fouille a pu restituer les différentes phases de construction. La surface où il est implanté n’a été dégagée que superficiellement sans atteindre le substrat rocheux qui se trouve à une dizaine de cm. Les bâtisseurs ont simplement surcreusé l’espace intérieur de la chambre et creusé une saignée pour positionner les piliers. Le placement des orthostates a pu se faire sur un embryon de cairn qui aurait servi de rampe. Les piliers une fois calés, le mur extérieur a été soigneusement parementé. Enfin, la zone entre le dolmen et son enceinte est comblée. Le dolmen peut entrer en fonction. La durée de son utilisation n’est pas connue. La chambre était vide, les nombreuses esquilles d’os retrouvées aux alentours sont le résultat d’une vidange effectuée à une époque indéterminée. La phase de condamnation se déroule en deux temps. Une masse de gros blocs est placée à l’entrée et six couches de pierres plates sont déposées « en écaille » sur le monument pour le recouvrir entièrement. Cela forme un tumulus circulaire d’une quinzaine de mètres de diamètre. Dans une phase ultérieure, une excavation devant l’entrée permet à des « pilleurs » d’atteindre et vider partiellement la chambre. La fouille précédente y avait trouvé les restes d’au moins 16 individus et 51 boutons perforés en V. La datation proposée place le monument à la fin du Chalcolithique/début de l’Age du Bronz