Stèles provençales

 

Une cinquantaine d’exemplaires sont connus.

Leur petite taille, de 46 à 55 cm de haut, ne permet pas de les classer comme menhirs et le mot stèle a été préféré. Elles sont traditionnellement assimilées aux statues-menhirs sans en avoir beaucoup de caractéristiques identiques, si ce n’est, pour certaines, de leur être contemporaines. Elles appartiennent au corpus réduit des figurations humaines du Néolithique en Europe occidentale.

Seul le visage est représenté. Elles se divisent en trois groupes.

Dans le groupe A, le sommet est arrondi, la base est plate pour être posées sur le sol. Le nez et les yeux sont traités en creux. De nombreuses cupules sont présentes sur les deux faces. Ces stèles, dont seulement trois exemplaires sont connus, ont été découvertes dans les environs d’Avignon. La plus haute a 46 cm, la plus petite 21 cm. Leur sommet est arrondi. Le nez et les yeux sont figurés. Elles sont d’une sculpture moins soignée que celle du groupe précédent. L’une est décorée sur ses deux faces avec des doubles arceaux séparés par une ligne verticale, représentant les arcades et le nez. Le contexte de leur découverte, connu pour deux d’entre elles, n’est pas funéraire. Toutes les deux étaient à proximité de sites d’habitat, ou à l’intérieur.

Dans le groupe B, les stèles sont plates, leur sommet horizontal et la forme générale rectangulaire. Le nez est encadré par des bandes décorées de fines gravures de traits en chevrons ou en hachures. Leur aspect est géométrique ne laissant pas de place à l’arrondi. Certaines ont des yeux, d’autres pas. Différentes formes peuvent se distinguer. La mieux conservée montre le visage complet avec le cou et les épaules, la plus simple ne représente que le nez et les sourcils. La plus grande mesure 38 cm de hauteur, la plupart des autres ne sont que des fragments. Elles se répartissent principalement le long des vallées de la Durance et de l’Arc.

Leur base, dont la surface n’a pas reçu une finition soignée, est taillée en forme de pointe pour être fichée dans le sol.

Comme toutes les représentations humaines sur pierre du sud de la France, ni la bouche ni les oreilles ne sont figurées. Si les oreilles sont hors du registre, la bouche, par contre, serait facile à réaliser. Cette absence est une de ces constantes culturelles qui pouvaient exister dans un très large territoire, au-delà des frontières ethniques.

Stèles idoles

Un troisième groupe, révélé par les fouilles, est composé de pierres de forme trapézoïdale, avec des surfaces lissées. La présence de pigment a été observée sur celles de Tret/La Bastidane et celles de Sénas. Elles devaient être peintes. Leur forme peut être considérée comme anthropomorphique. Il est possible que beaucoup aient échappé aux fouilles anciennes.

Des analyses révèlent l’utilisation de cinabre. D’un rouge profond, il est peu fréquent dans la nature et nécessite une recherche particulière alors que l’ocre est d’un usage commun. La bauxite a aussi été utilisée à Ventabren où elles furent découvertes dans un contexte original. Des logettes étaient spécialement aménagées, situées dans la couronne de pierre qui entourait des tumulus au centre desquels se trouvaient les tombes. Sept furent dégagées lors du décapage de trois tumulus, quatre dans l’un, une dans l’autre et deux dans le troisième. Le plus grand fragment conservé était haut de 88 cm et large de 42 cm, le plus petit avait 32,6 cm de haut. Cinq d’entre elles portaient des traces de pigment. Toutes ont été découvertes en contexte funéraire comme dans le dolmen d’Ubaye ou elles sont utilisées en réemploi.

Des datations différentes sont proposées pour chaque groupe. Les stèles sans décor sculptées seraient les plus anciennes, entre – 3700 et – 3400. Les stèles à chevron se placeraient entre – 3500 et – 3000. Celles dites du style avignonnais seraient plus récentes,  vers – 2800 /  – 2400.