Nécropole et sanctuaire composé de tombes et de plateformes qui furent vénérés du début du 4e millénaire au milieu du troisième millénaire avant notre ère.
Fouille Frédéric Bouin, Roger Joussaume 1980/1986
Benon, Nécropole
Coordonnées : 46° 14′ 01″ nord, 0° 48′ 27″ ouest
Ils avaient bâti pour l’éternité. Un des buts du mégalithisme est la pérennité. Après 6000 ans, les archéologues avaient pris soin de remettre en l’état les vestiges qu’ils avaient étudiés. Ils souhaitaient conserver une trace des monuments et de leur travail. En moins d’un demi-siècle, le temps, l’indifférence et l’oubli ont eu raison de leurs efforts. Aujourd’hui les ruines disparaissent dans la forêt, et plus aucun édifice n’est reconnaissable. Des amas de pierrailles se distinguent à peine dans la broussaille. Sur le site, les cinq monuments s’alignaient sur une ligne qui domine le marais poitevin. Quand le niveau de la mer était à 5 ou 6 mètres plus bas, le paysage devait ressembler à celui du Golfe du Morbihan.
Tumulus A : Il est constitué de trois parties — un quadrilatère irrégulier long de 15/14 m et large de 7 m. Il fut construit avec un système alvéolaire pour donner de la rigidité à l’ensemble. Aucun vestige ne fut découvert dans sa masse. Il formait une plateforme accessible à l’Est par une marche.: une tombe à couloir. L’ensemble était en pierre sèche. La chambre sépulcrale, de 2 m de diamètre pouvait avoir 4 m de hauteur. Elle est couverte par un encorbellement et desservie par un couloir, une structure triangulaire qui prolonge le couloir et qui semble construite pour donner une forme plus régulière à l’édifice final. Les deux tiers de la surface ne sont occupés par aucune structure funéraire. La construction d’une plateforme accolée à la tombe évoque un espace réservé au rituel et aux rassemblements associés aux cultes des morts. Les dents découvertes au fond de la chambre appartiennent à huit individus : 3 enfants, 5 adultes. La présence de mollusques nécrophages indique que des corps étaient placés à l’intérieur de la chambre. Des os furent ensuite prélevés avant la fermeture définitive
Le tumulus B de forme trapézoïdale mesure 15 m de long pour des largeurs de 8 m et 6,70 m contenant deux chambres funéraires. La première (B1) de forme quadrangulaire était couverte par une fausse voûte en encorbellement. Elle se trouvait dans un tumulus circulaire à deux parements concentriques d’un diamètre extérieur de 8,60 m. Un couloir de 3 m de long permettait d’accéder à la chambre de 2,60 m x 2,30 m. Quelques dalles « décoratives » s’intégraient au mur en pierre sèche sans utilité pour soutenir la couverture. Elles pouvaient être peintes. Sur le dallage de la chambre, dont la couverture s’était effondrée, sur la couche sépulcrale se trouvaient les restes de 7/8 individus selon les 131 dents retrouvées. Une datation C14 indique une occupation entre -4300 et -4000, ce qui en fait le monument le plus ancien de la nécropole Dans un deuxième temps le tumulus est agrandi pour ajouter une seconde chambre (B2) qui contenait les restes de 5/6 adultes et de 2 enfants. Le tumulus abandonne la forme circulaire pour un plan trapézoïdal. La chambre était limitée par des dalles verticales dont les plus hautes ne dépassent pas 1 mètre. Le couloir d’accès mesurait près de 3 m de long et était aussi bordé de dalles. Le passage vers la chambre se faisait à travers un orifice circulaire de 80 cm de diamètre aménagé dans deux dalles échancrées jointives. Un panneau de bois pouvait fermer l’entrée Les restes de 6 adultes, dont l’un avait dépassé la cinquantaine, y ont été recensés. Les datations C14 indiquent un premier usage de la chambre entre - 4000 et - 3400 et une réutilisation pour un sujet vers - 2900/- 2700.
Le tumulus C, qui est long de 26 m et a une largeur moyenne de 10,60 m, abrite une chambre ovale de 2 m x 1,80 m avec 5 orthostates. Elle est recouverte d’une fausse voûte en encorbellement et était incluse dans un cairn intérieur de 6 m de diamètre. Ce premier monument est ensuite inclus dans un cairn rectangulaire. Un mur long de 18 m fut d’abord élevé. Sur cette arête centrale vinrent s’adosser des murets pour constituer des alvéoles. Celles-ci étaient ensuite comblées avec les matériaux disponibles. Cette technique de construction élaborée permet de gagner en hauteur sans élargir la base. Un mur rectiligne encadre l’ensemble Dans la chambre furent mis au jour les restes de cinq adultes et deux enfants, datés d’entre - 4000 et - 3700. Six autres sujets se trouvaient au-dessus du comblement du couloir daté de - 4000 et - 3600.
Le Tumulus D, le plus grand, a été détruit en partie. Sa longueur est estimée à 40 m pour une largeur de 9/5 m. Son exploration très partielle n’a pas permis de localiser l’espace funéraire. Elle a montré que la construction utilisait le même système alvéolaire que le tumulus C.
Le tumulus A lors de sa restauration après les fouilles.
Le tumulus A dans son état actuel.
Plan et restitution du tumulus A.
Plan de la nécropole.
Région:Nouvelle-Aquitaine
Type:Tumulus
Groupe:Sud-Ouest