Monpalais, Deux-Sèvres

Fouille Ch. Hebras (1959/1960), restauration Frédéric Bouin 1990

Taizé

À 5 km à l’ouest des dolmens de Puyraveau, la nécropole de Monpalais compte six monuments connus. Ils sont tous différents. Leur taille peut varier de 1 à 10 (1,50 m² à 15 m²). Quatre chambres sont quadrangulaires (2 en forme de P, 2 en forme de Q) et 2 sont trapézoïdales dans ce qu’il est possible de restituer.

La distance qui sépare les 6 dolmens varie de 30 m à 210 m. La plus grande distance entre deux monuments est de 500 m. Malgré cette proximité, l’utilisation du mot nécropole est abusif, mais il faut y voir un lieu qui fut privilégié pour accueillir quelques défunts pendant des siècles.

Le dolmen baptisé E134 est le plus grand et le mieux conservé. Il possède une chambre trapézoïdale de 2,40 m à l’entrée et 3,20 m au fond et 5,10 m de long. Elle est divisée en deux compartiments par une dalle. Il est inclus dans un cairn ovalaire de 16 m de long et 9 m de large et d’une hauteur actuelle de 0,80 m. Le dolmen a été pillé à une date inconnue. Deux piliers à l’entrée sont les restes d’un portique. Il s’agit d’un dolmen angevin.

Le dolmen E 145 a une chambre de 3 m x 2 m, il est inclus dans un tertre ovalaire. Il serait un mélange du type angevin et angoumoisin. Deux fosses ont été creusées au sud-est du cairn contenant deux squelettes du Néolithique Récent. L’ensemble fut recouvert par un tumulus de 15 m de diamètre qui serait une structure de condamnation. La fouille de 1959/1961 a mis au jour de la céramique et du silex de la fin du Néolithique et du début de l’âge du Bronze. Des ossements humains étaient déposés par paquets. Le dolmen E 170 est un petit dolmen dont il reste deux dalles. Fouillé sommairement par son propriétaire, il a livré du mobilier du Néolithique Moyen, vers - 4000.

Le dolmen E 136 au plan difficile à reconstituer, a une table de 2,20 m de long. Il semble avoir été entouré d’une structure en pierre sèche. Il a livré 833 dents correspondant à une cinquantaine d’individus. La taille des monuments n’est jamais en corrélation avec le nombre d’individus qu’il reçoit au Néolithique Final. Des restes d’animaux témoignent d’offrandes. Les morts étaient accompagnés d’un riche mobilier lithique et céramique. L’ensemble montre une occupation (ou une réutilisation) pendant un Néolithique Tardif avec des influences venues du Bassin parisien visibles dans le mobilier et une présence campaniforme.