Saint-Martin-du-Larzac 3, Aveyron

Fouille Rémi Azemar 1988/1993

Millau

Le dolmen malgré une recherche très minutieuse dans les moindres interstices du substrat n’a livré aucun matériel du Néolithique Final. Un charbon de bois découvert sous un des piliers a donné -1975/-1611. Celui-ci peut aussi appartenir à un paléosol. 

La chambre, orientée est-ouest, est longue de 2,75 m et large de 0,77 m à 1,20 m vers l’entrée. La dalle de couverture mesure 3,75 m x 2 m x 0,20 m. C’est une taille habituelle pour un dolmen des Causses. La dalle de chevet, qui d’habitude retient les deux piliers latéraux, est trop petite pour assurer ce rôle. Une deuxième dalle plus large a été posée contre elle. Cette originalité pourrait résulter d’un renforcement dû à une erreur des constructeurs. 

Une dalle marque le seuil. Un espace de la même largeur que la chambre, long de 50 cm, se trouve devant l’entrée. Celle-ci était fermée par trois dalles qui constituaient un système amovible. Des contreforts faits de pierres plates déposées à la base des orthostates assuraient la solidité des piliers.

Une structure enveloppante recouvrait l’ensemble. De forme ovale de 9 m x 6 m, sa courbe s’incurvait devant l’entrée pour en aplatir la ligne et créer un effet de façade. Elle était couverte de lauzes et devait se présenter comme une grande masse blanche hémisphérique dans le paysage rectiligne du Larzac. Une pierre verticale était fichée à l’extrémité orientale de son sommet. La pierre a été retrouvée ainsi que son calage.

Tout le mobilier recueilli appartient à l’Âge du Bronze final entre  -1450 et  -900.

Une structure carrée de 11 mètres de côté, limitée par de grosses dalles sur trois côtés, vient englober l’ensemble précédent. L’orientation en est légèrement différente de 10 ° et le dolmen n’est pas exactement au centre. Entre le 7e et le 6e siècle avant notre ère (C14 - 828/-525) la chambre est vidée pour laisser la place à un nouveau mort. La construction de la structure carrée est de cette époque.

Les morts attirent les morts. Comme c’est souvent le cas, le lieu demeure l’espace réservé aux défunts à travers les siècles et les millénaires. Au Haut Moyen-Âge, c’est plus qu’une réoccupation que va subir le monument mais une véritable appropriation. Les tombes vont s’amalgamer autour du dolmen. Nul ne sait quelle légende a pu motiver un tel engouement. À ces époques les gens aimaient s’enterrer près des saints. Le dolmen fut probablement décrété comme la sépulture d’un de ces personnages honorables.

Le dolmen pose la question récurrente d’une continuité du mégalithisme aux âges des métaux. Ce monument a le nom de dolmen mais pourrait être considéré comme un grand coffre. La très fréquente présence de mobilier de ces époques dans les dolmens avec parfois l’absence de trace du Néolithique irait dans ce sens. 

À proximité, un autre dolmen est, quant à lui, daté du Néolithique. La chambre de 2,46 m x 1,19 m est incluse dans un tertre elliptique de 7m/6 m. Le couloir de 4,50 m est bordé par deux murs en pierre sèche conservés sur 5 lits. 15 % des restes portaient des traces de crémation. Le couloir semble avoir été condamné par un comblement. Le C14 sur des os place ce monument entre - 2460 et - 2158. Devant l’entrée des vestiges de fréquentation datent aussi du Néolithique Final.