Fouille Jean Arnal 1980
Pouget, dolmen
La fouille n’a mis au jour aucun objet concernant la période de la construction et de l’utilisation du dolmen. Son intérêt réside dans son architecture. Situé sur une éminence, le tumulus est très arasé, et ses limites sont imprécises. Probablement d’un diamètre de 20 m, il était en terre, ce qui est rare dans une région où la pierre est généralement utilisée.
Une tranchée creusée dans le substrat s’enfonce depuis l’entrée jusqu’à la pierre de chevet où elle atteint un mètre de profondeur. Un couloir conservé sur 2,60 m menait à une antichambre de forme trapézoïdale de 2,50 m de long et de 2/1,70 m de large. Deux dalles verticales en marquent l’entrée. De petites plaquettes de calcaire recouvrent le sol pour former un pavage.
Le passage vers la chambre se fait, aussi, à travers une dalle verticale large de 4,25 m à sa base et haute de 2,10 m. Elle est épaisse de 50 cm. Une échancrure de 1,25 m de hauteur et de 90/80 cm de large a été creusée pour en former la porte. Le sommet est en arc de cercle montrant le soin des constructeurs.
La chambre est aussi de forme trapézoïdale de 5,75 m de long et 3,25 m dans sa largeur maximum. Elle se termine par une dalle de chevet de 2,20 m x 2,45 m. Trois dalles dont les longueurs varient de 2,75 m à 3,20 m de long et de 1,75 m à 1,50 m de large ont une épaisseur de 55 cm à 75 cm. Leur taille est inférieure à la surface du sol de la chambre. Les murs s’inclinaient vers leur sommet en encorbellement. Toutes les parois sont en pierre sèche. Seules les dalles de séparation sont monolithiques. Les petites pierres proviennent d’un banc calcaire situé à environ 100 mètres. Elles sont apprêtées sur leur surface visible pour être aplanies, quelquefois polies. Elles sont jointoyées avec de fines plaquettes de calcaire et un sédiment argileux. Le soin apporté à la finition de ce mur est exceptionnel.
Faire supporter de grosses dalles par un mur en encorbellement demande une bonne technique de construction. Le non-croisement des joints, leur superposition en pile d’assiettes, utilisée pour ce monument, va à l’encontre des principes de ce type de construction. Cela nuit à la solidité du mur qui se fendra le long des jointures en « coup de sabre ». Pour y remédier, les constructeurs placent tous les 3 à 5 lits des pierres d’un module plus petit ou plus grand qui casse ainsi le rythme des joints verticaux. Cela n’a peut-être pas suffi à assurer la pérennité du monument.
Le fouilleur pense que l’éboulement des parois eut lieu à une date ancienne et envisage qu’il se soit produit avant la fin de la construction. Le monument n’aurait jamais servi.
Ceci expliquerait l’absence totale de mobilier archéologique pouvant se rattacher aux rites funéraires. Cela peut aussi être dû à une vidange faite au Néolithique et aux fouilles et pillages du 20e siècle. Quand les Gallo-Romains s’installent sur le site, le monument est déjà en ruine. Aujourd’hui l’ensemble restauré est maintenu par une grande masse de béton.