Christianisation

​Les Sept-Dormants, Côtes-d’Armor, dolmen de Stivel dans la commune de Vieux-Marché

De nombreuses légendes ou traditions soutiennent qu’une église ou un autre bâtiment religieux sont construits sur d’anciens dolmens ou un autre autel druidique. Cette affirmation n’est jamais confirmée par l’archéologie. Il existe, cependant, une exception dans le hameau des Sept-Saints.

La crypte adjacente à l’église est un ancien dolmen. Les piliers et la table sont toujours visibles. La chambre mesure 4 m × 3,10 m. Un orthostate est conservé côté sud et complété par un muret. À l’opposé, deux piliers forment la paroi nord. Le chevet est masqué par un autel en bois moderne. Deux dalles, respectivement longues de 3,60 m et 2,40 m, couvrent l’ensemble. Le plan du dolmen original est difficilement reconstituable.

Lors du choix de sacraliser cet espace, il ne fut pas considéré comme le lieu d’un ancien culte, mais comme une grotte naturelle pour répondre à la légende. Elle n’abrite pas des saints bretons, mais des bienheureux orientaux vénérés par les chrétiens et les musulmans. Les sept dormants d’Éphèse sont des croyants, qui fuyant les persécutions du IIIᵉ siècle de notre ère, se seraient assoupis dans une grotte et se seraient réveillés plus d’un siècle plus tard.

Ces saints venus de loin semblent se plaire en Bretagne et apprécier les dolmens, car le dolmen de Run er Luzen, dans le Morbihan, leur est aussi consacré.

La grotte aménagée ensuite en nécropole où reposèrent les sept dormants d’Éphèse, en Turquie.