Carn, Finistère

Fouille P.-R. Giot, 1954/1964

Carn, Ploudalmézeau

Le monument de Carn est le troisième ensemble fouillé à la suite de Barnenez, Le cairn se trouve sur une colline de 5 à 6 hectares à 10/12 m d’altitude qui devient, aujourd’hui, une île à marée haute. Elle a servi aux goémoniers pour y implanter leurs fours et en extraire la soude. Sa position stratégique fit qu’elle fut intégrée au mur de l’Atlantique de la Deuxième Guerre mondiale et qu’y fut implantée une casemate.

Tandis qu’à Barnenez la visibilité est portée vers les terres, à Carn la visibilité est avant tout maritime avec un angle de 180 ° vers la mer. Vers la terre le regard ne porte pas au-delà de 2 km. Par beau temps, il est possible de voir l’île d’Ouessant, à 30 km et de l’autre coté l’île Guennoc.

Par temps dégagé les Mont e à 25 km sont visibles. Les entrées des dolmens regardent aussi les parties basses de la baie de Morlaix et se désintéresse de la mer et des côtes situées à 3 km.

À Carn trois monuments se succèdent : un petit cairn circulaire, un monument quadrangulaire et un tumulus circulaire.

L’agrandissement des surfaces funéraire est la motivation essentielle des travaux successifs. Le premier cairn avec une emprise au sol de 6 m de diamètre offrait 8,50 m2 de tombe, la deuxième phase 18,50 m2 et la troisième dans le cairn de 25 m de long et haut de 4,50 m un espace pour les morts de 35 m2.

Le cairn compte trois chambres, toutes construites en pierres sèches couvertes par des fausses voûtes en encorbellement. Seuls les couloirs sont couverts de dalles. La tombe centrale est la première construite. Malgré les multiples perturbations qu’a subies le site, elle fut retrouvée intacte. D’un diamètre de 3,50 m, elle est haute de 3 m. Le sol était couvert d’un pavage de pierres plates. Elle fut fermée après une courte utilisation par un muret en pierre sèche. Si les os furent dissous par le temps, les restes d’au moins quatre vases y furent découverts avec six perles en schiste et une lame de silex.

La céramique est de bonne qualité. Elle est suffisamment originale pour être à l’origine d’un type de poterie qui porte le nom du site. Elle se retrouve dans de nombreux dolmens bretons et est dans le même horizon chronologique que Barnenez.

La fouille eut lieu en 1953, quatre ans après qu’une première datation au C14 ait été réalisée dans une tombe égyptienne. C’est la première analyse de ce genre qui fut faite pour un « dolmen ».

Elle donna un résultat de - 5230 +/- 75 BP (Before present, est la convention pour  citer une date non corrigée). Les courbes d’erreur qu’impliquait cette méthode ne furent mises en évidence qu’ensuite. La date calibrée fut de - 4350/- 3800, avec une forte probabilité pour une date vers ‑4050.