L'appellation « champs de menhirs » est préférable à celui d’ « alignement » pour des pierres qui ne suivent pas des lignes droites et dont le nombre de files varie au cours de son développement.
Fouille J. Miln de Woodhill 1877
Carnac, alignement
Coordonnées : 47° 35′ 53″ nord, 3° 03′ 44″ ouest
J. Miln de Woodhill, Écossais fortuné, consacra la fin de sa vie à l’étude des mégalithes de Carnac. Ses découvertes aboutirent à la création du musée de Carnac. La traduction française de ses fouilles de l’alignement sont publiées, à titre posthume, en 1881. C’est la première et unique monographie consacrée à une fouille d’un des alignements de Carnac J. Miln note que les menhirs d’une zone sont couchés dans le même sens, évoquant un tremblement de terre (il en ressent un en 1877). Il constate que les destructions ne sont pas toutes modernes : des menhirs sont réutilisés dans des murs gallo-romains. Devant des pierres couchées, il observe des rigoles, traces de météorisation prouvant leur longue période debout. Tous ses successeurs ne feront pas les mêmes observations, redressant souvent les menhirs à l’envers.
Il signale des poches de charbon de bois et des foyers, certains profonds et peut-être contemporains de l’édification. Bien que novateur et méthodique pour son époque, le lecteur d’aujourd’hui reste déçu : les descriptions manquent de précision pour visualiser et dater les vestiges. Miln décrit une plateforme en pierre sèche sous un menhir de 2,66 m (26 tonnes), sans indication sur son âge. Il découvre un foyer protégé par deux constructions, avec des couches de charbon conséquentes. Au fil des pages, il mentionne des structures néolithiques, celtiques, gallo-romaines, médiévales ou modernes Il pense que les menhirs furent dressés avant l’invasion romaine, mais que des objets trouvés pourraient dater d’une époque postérieure, « barbare ». Il réfute l’idée médiévale en vogue, estimant les menhirs bien antérieurs à Rome, mais construits jusqu’à une époque récente.
Le mobilier est rare et peu spectaculaire, mais le nombre de structures et de foyers montre que le sol recèle encore des vestiges. Des datations à grande échelle et des études structurelles pourraient lever partiellement le voile sur ces mystères avant de spéculer sur des données peu fiables
Les plus hauts menhirs sont au sommet d’une légère butte et semblent marquer l’aboutissement d'une longue procession de pierres.
La très grandes majorité des pierres ont été redressées au cours de diverses restaurations, sans que leur emplacement originel soit recherché.
L'état des alignements vers 1877.
Région:Bretagne
Type:Alignement
Groupe:Armoricain