Fouille Zacharie Le Rouzic et Saint-Just Péquart 1923/1926 - P Gouézin 1991/1992
Arzon, cercles de pierre
Ce qui est devenu un îlot inhabité fut, au Néolithique, un des hauts lieux de la religion. Sa conception, sa taille, sa proximité avec Gavrinis et la richesse des vestiges et du mobilier qui y furent découverts en font un site exceptionnel. L’îlot, d’une superficie de 8000 m2 et dont le point le plus haut ne dépasse pas 8 m, était à l’époque néolithique relié au continent par le sud. Il à toujours été séparé de Gavrinis par un étroit chenal, actuellement profond de 28 m. Vers – 4000, la mer haute est au niveau des mers les plus basses d’aujourd’hui. Avec les marées et la force des courants, il le niveau de la surface de l’eau peut varier d’un mètre d’un côté à l’autre de l’île.
Le site attira les antiquaires dès 1866. En 1872, G. de Closmadeuc y ramasse de nombreux objets et en établit le premier plan. Sa description allait changer dans les années qui suivirent. À l’époque, seuls 4 menhirs sont debout. Un nouveau relevé concernant surtout les parties émergées est réalisé en 1919 par R. Merlet, féru des théories astronomiques. Il se présente alors comme deux cercles tangents. Un nouveau plan est dressé par Le Rouzic qui restaure le monument en redressant les menhirs. Il prend alors la forme de 2 fers à cheval accolés. Le dernier plan date de 1992. La partie immergée fut mesurée avec l’aide de plongeurs sous-marins. L’enceinte nord (émergée) à la forme d’un U dont l’ouverture est orientée vers le sud-est. La forme de l’enceinte sud (immergée) se rapproche plus de celle d’un C. Cette dernière ne présente que 2 menhirs encore debout.
Un menhir de 4,40 m se trouve au centre de la première enceinte. Deux menhirs de taille exceptionnelle sont situés à chaque extrémité de la seconde. En tout, 119 blocs sont recensés. 65 appartiennent à l’enceinte septentrionale et 30 à l’enceinte méridionale. Les autres ne participent pas aux structures mises en évidence. Quatre types de roches composent les menhirs. Le granite local, deux sortes de migmatites dont les lieux d’extraction se trouvent à l’entrée du golfe et de l’orthogneiss dont l’origine est inconnue mais au moins distante de cinq kilomètres.
Les fouilles ont livré un abondant matériel. Le silex y est à profusion : 800 nucléus, 9800 éclats de silex, 5500 éclats retouchés, 421 lames, 293 grattoirs et nombreuses haches polies. Ces quantité serait le résultat d’un atelier de taille installé sur les lieux L’inventaire des trouvailles signale entre autres : pour la céramique, 800 kilogrammes de tessons, 205 fragments de vases avec différents ornements, 400 fragments avec des rebords différents. Cela donne une idée du nombre impressionnant de vases qui y furent laissés, bien que le fouilleur signale que parmi ceux-ci une grande partie date de l’âge du Fer et de l’époque gallo-romaine. Tout cela était accompagné d’ossements d’animaux et autre matériel divers.
Les menhirs étaient plantés dans de petits talus de terre et de pierres. Des foyers se trouvaient de chaque côté, protégés par des structures en pierres. De petits coffres se trouvaient à proximité des pierres dressées et réparties à différents endroits de l’îlot. Bien qu’ils furent explorés par les Pecquart, qui peuvent être considérés comme les fouilleurs les plus minutieux de leur époque, le synchronisme de l’utilisation des menhirs et l’utilisation de ces structures adjacentes n’a pu être démontré.
Région:Bretagne
Type:cromlech
Groupe:Armoricain