Dolmen en équerre en Bretagne

La direction du couloir peut s’incliner jusqu’à former une équerre. L’aire de répartition des dolmens est limitée, de l’embouchure du Blavet au golfe du Morbihan, avec un cas à l’embouchure de la Loire. Ce sont des monuments avec des chambres rectangulaires longues dont l’entrée se fait au changement de direction du couloir. Tout l’espace de la chambre ne serait pas funéraire, une partie pouvant être réservée aux rituels. S’ils ne sont pas nombreux, ils présentent une homogénéité et une originalité dans les motifs qui ornent leurs parois.

Un exemple : le dolmen des Pierres Plates à Locmariaquer,, Morbihan

Sa situation est exceptionnelle. Sur la pointe d’Er Verteil, face à l’océan, sur la côte sauvage de la presqu’île de Locmariaquer, vers l’entrée du golfe du Morbihan, le dolmen semble affronter la mer. À la fin du XIXe siècle, du sommet de ses dalles, un observateur pouvait apercevoir le dolmen du Petit Mont, le tumulus de Tumiac, le cairn de Gavrinis, l’île Longue, le Mané Er Hoeck, le Mané Lud et même le mont Saint-Michel de Carnac.

La première fouille eut lieu en 1813 avec la participation d’une vingtaine de soldats du corps des garde-côtes. Ils « déblayèrent aussi bien l’extérieur que l’intérieur ». Un professeur de dessin, de passage, dressa un plan et retranscrit quelques gravures, qui furent publiées en 1814.Le chevalier de Fréminville y voyait la demeure d’un archidruide, alors que, depuis un demi-siècle, plusieurs auteurs avaient suggéré que ces monuments n’étaient pas gaulois. À part le dégagement des blocs et la mise au jour des gravures, considérées comme une écriture et le témoignage d’une implantation phénicienne, pendant les années qui suivirent, il semble que chaque curieux y farfouillait jusqu’à son classement comme monument historique en 1883. Quelques années plus tard, il subit sa première restauration par un entrepreneur qui venait de redresser les menhirs des alignements de Carnac.

Si rien n’est connu des vestiges qu’il contenait, son architecture a été bien conservée par les sables des dunes. Seule la zone de l’entrée a subi des dommages. Le monument mesure, dans son état actuel, 27 m de long. Sa largeur oscille entre 1,20 m et 2 m. Les dalles des parois sont soit jointives, soit séparées par des murets en pierre sèche. Considéré comme une allée couverte coudée, il est préférable de le classer parmi les dolmens en équerre. Huit monuments de ce type sont connus dans les environs.

À la fin du couloir, une petite chambre de 1,40 m × 2,80 m donne accès à l’entrée de la chambre. Celle-ci, toute en longueur, se termine par une cellule presque carrée de 2 m de côté, fermée par une dalle. Ces deux espaces durent avoir un usage particulier. Douze orthostates, sur les 38 qui sont conservés, portent des gravures.